Fouta Djallon: quatre pratiques locales qui sortent progressivement des usages

Colonisation française

Le monde n’a plus le même visage de nos jours, c’est une vérité. Mais certaines pratiques communicationnelles en cours jusqu’à un passé récent ont permis de faire face à certaines situations qui se posaient. Simple nécessité ou syncrétisme religieux ? Va savoir !

Annoncer un décès à un proche absent ‘’ewuugool faatunde’’

Au Fouta Djallon,  dans  certaines  familles, lorsqu’un membre  de  la maisonnée  décédait, les  signes prémonitoires se manifestaient  chez  certains de ses  proches qui en  éprouvaient des difficultés diverses (revers temporaires  de fortune, accident, bagarres  ou  emprisonnement) disparaissaient  pensait-on dès que la mort  frappait celui qui devait  mourir, alors un petit  rituel  familial  sans  cérémonie était  organisé pour aider  les  proches hors  du pays à supporter les  tourments  qu’ils en  ressentaient.

Ce rituel consistait à ouvrir le canari, poterie ou cruche en terre dans  laquelle  on  conserve  l’eau  de  la  boisson et  un  membre  de la  famille y met  sa  tête et  appelle un  par  un  les  membres  de  la  famille  absents  et  leur  annonce  le  décès du proche  survenu, cette  pratique  était  sensée  libérer ces  derniers de  l’emprise des  signes du  deuil qui devait  les  frapper.

Chasser les fantômes du  maitre des  lieux (ittugool batte jon suddu)

Il est  de  même lorsque le chef  d’une  famille décède, la famille éplorée est  sujette à déprimer à cause  du  trop-plein  de choc émotionnel, alors, l’on  a  vite  fait  de  balayer la maison dans  ses moindres  recoins  pour récupérer des  toiles  d’araignée, des  moutons  de  poussière qu’on dilue  à  de  l’eau, ce mélange sera mis  à la  disposition  des  proches qui y  trempent  leurs  mains  pour frotter le  produit  sur  leur  visage. Cette pratique est sensée éviter la déprime maladive.

Le ‘’retour de la  mariée’’ (nattougool joomba)

Pour continuer, au Fouta Djallon, les petites filles sont considérées comme les épouses de leurs grands-pères et les  petits  garçons  comme les  époux  de  leur  grands-mères.

‘’A ce titre les petites filles sont les ‘’rivales’’ de leur grande mère’’.

Alors quand une grand-mère rend l’âme, ses petites filles mobilisent tout ce  qu’elles peuvent d‘ustensiles  hors  d’usage et  d’accoutrements bizarres pour  ‘’raccompagner la mariée’’ allusion  faite  au  fait  que  quand une  fille  se  marie, elle  est  conduite avec des habits, bijoux et  ustensiles à son  nouveau  domicile . Les petites  filles  estiment  que ‘’ leur rivale’’ a trouvé  un  époux ‘’définitif’’ dans  ce  cas: La mort.

Après l’enterrement tout cet attirail est déposé sur la tombe de la  défunte  sauf  si  les  enfants  de celle-ci payent  un  montant jugé assez  conséquent  par  leurs filles  et  nièces  pour  éviter à leur  mère et tante cette ‘’épreuve’’.

Le rappel (nooditugool)

Dans certaines familles, lorsqu’un enfant de la famille prend le chemin  de l’exil et qui s’installe  ailleurs  sans  donner des  nouvelles  ou  même s’il  en  donne  et  qu’il n’est  pas  enclin  à revenir  au  bercail, il y a  des  pratiques  occultes qui  permettent  de  le  rappeler. Généralement ces pratiques n’interviennent que dans  les  cas  les  plus  désespérés ou dans  les  situations  de rivalité  entre  membres  de la  famille.

Une fois rappelé, le préposé abandonne tout comme piqué par une mouche et prend le chemin du  retour. Si à son retour, le ‘’rappelé’’ trouve dans  la concession familiale le  produit qui a impulsé  son  retour, il  peut  en  mourir ou perdre  la  raison.

Toutefois, vu le caractère sacré et le respect dont les morts  sont  couverts en milieu peuhl, ces pratiques sont en voie d’être abandonnées de nos jours si  elles  ne  le  sont déjà dans  la  grande majorité  des  cas.

Ousmane Tkillah Tounkara

 

1 COMMENT

  1. Salut j’espère que ton appel sera entendu par la jeunesse Africaine une révolution où printemps noir nous avons besoin d’une nouvelle génération aux instances dirigeantes de notre continent particulièrement la Guinée conakry un pays qui ne cesse de reculer sur tous les domaines politiques sécuritaires sociaux éducatives etc…aujourd’hui où en sommes nous toujours les mêmes qui dirigent qui ont accès aux biens naturels…moi je suis pour une révolution où printemps noir donner ma vie malgré tout…il faut beaucoup de sacrifice pour faire émerger une jeunesse désespéré se lançant sur la méditerranée alors que nous sommes capables de ne plus être dépendant sur tous les problèmes que nous avons…ces intellectuels et élite africaine qu’ont ils fait???nous devons…..vive la révolution Africaine de 2019

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