J’ai soif de ces senteurs nomades

J’ai soif de ces senteurs nomades
Du souffle chaud du ‘’welaa hore’’
Dont le mufle soyeux frôle ma main porteuse de chance
J’ai soif des calebasses de lait de mon Foutah
Terre d’éternité

J’ai soif du ‘’keetungool’’ et des ‘’ goulouthie’’
A l’heure où les bovidés repus paressent à l’ombre des feuillages
A l’heure où le berger prend congé de son ‘’ tambin’’
Je suis nostalgique de ces clairs de lune
Ces nuits où insoumises, les muses me rendent visite et m’amusent
Je suis nostalgique de ces soirées à l’éclat sélène où ma langue se délie et tisse des paroles au goût de miel

J’ai soif de ces aubes mystérieuses
Ces aubes que seul déchirait l’appel des muezzins en transe
Nostalgique je suis, de ces sourires nacrés
Des princesses fulanis à la démarche altière
Ces princesses qui feraient pâlir de jalousie le soleil lui-même
Que j’ai soif de nos ‘’foolifendji’’
Soif du tamtam soumis d’Aldiouma Koubi
Des sistres stridents de Bobo Lala l’enfant de Mali
Le violoncelle Rebel de Oury Segala

Oui j’ai soif de la voix porteuse de Hawa Djely
Que j’ai soif de la voix de maman
Nene mienne, si douce et si agréable
Monts, vaux et forêts de mon enfance me manquent
J’ai soif des senteurs de la belle Kolima majestueuse dans le levant
Soif de la fraicheur de Serima imposante dans le couchant
Un jour, quand je ne serai plus qu’un souvenir dans vos têtes
Quand je ne serai plus qu’une ombre
Ne me couchez pas n’importe où
Faites-moi place à Bowloko
Couchez-moi à portée de voix de mon père
Demain à l’heure de l’ultime toilette
Ne me faites pas prisonnier dans un cercueil
Couchez moi à même la terre

Que les vers puissent se repaitre de mon corps
Quand je partirai, ne versez pas de larmes, laissez-moi bénir l’instant
Cet instant rare où le corps se vide de l’esprit qui s’envole vers les cieux
Laissez-moi bénir l’instant de la délivrance

Ousmane Tkillah Tounkara

1 COMMENT

  1. Cela m’a beaucoup rappelé mon enfance « Aldjouma koubi »  » Hawa Djeli »… ce que j’ai pas vu c’est surtout quand j’écoutais le son de « BALDE SADJO » à l’ouverture des émissions de la radio rural

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