C’était l’harmattan

J’ai entrouvert la fenêtre de ma chambre. J’ai collé mon front contre les vitres froides. Il fait froid ce matin. Comment ce matin est différent des autres ? Après avoir observé quelque temps le ciel, ces arbres dont les feuilles tournoyaient dans le ciel, ces passants qui avaient changé leurs tenues et sans bouger ma petite langue pour prononcer son nom.

J’ai compris que l’harmattan avait frappé à nos portes. Il y avait peu de bruit dehors ou peut-être que le bruit était élevé sans que je ne le perçoive. Quand même, moi, j’écoutais chanter le vent, je l’écoutais bruire dans mes oreilles.

Je voulais encore me retourner au lit. Mais il était déjà 7 heures et quart et je devais me rendre à l’école. Et cette heure est différente des heures où prendre un bain me faisait plaisir. Ça me rappelle ma prime enfance quand je barbotais dans la boue, je détestais tante Maria, notre femme de ménage qui m’attendais pour que je prenne mon vrai bain, me laver était une corvée.

Mais j’avais plus de 8 ans. Bien que je le prenne malgré moi ce matin. Marcher à pieds pour rejoindre mon école m’arrangeais davantage. Au moins, ce vent si froid cinglait moins mon visage. Assise en classe, j’observe les mouvements du prof, qui explique le cours sans porter un traitre mot au tableau. Donc lui aussi avait les mains gelées ?
Mais j’adorais l’harmattan à cause de ces nuits calmes. Dehors, y’avait peu de gens, car la majorité dormait tôt vaincue par la météo, c’était une paisible nuit. J’étais dehors, la tête dans les cieux, cette nuit du 17 décembre était chargée d’étoiles.

Vu la beauté de la nature, Thierry mon ami me proposa de sortir pour prendre de l’air. Nous sommes partis dans son auto. Sans oublier les règles du moment qui nous obligeaient à nous mettre au chaud. Dans cette boîte, il y’avait un peu de monde. Toutes ces personnes étaient-elles comme nous ?

Des gens qui sont sortis à cause de la beauté de la nature ? Ou avaient-ils juste le cafard et sont venus pour prendre quelques verres et se défouler ? Quand même, ils passaient des heures à papoter, surtout de la politique et du manque d’argent. La demande de café fort et de boissons énergétiques ne faisait que se multiplier à chaque tour d’horloge. Surtout personne ne devait laisser refroidir son breuvage. C’était du tic au tac. Par ces froids de canards vendeurs de cigarettes et d’alcool se frottaient les mains car les vendeurs de glace étaient relégués aux oubliettes.

Toutes ces choses me fascinent encore aujourd’hui. Je ne fais que parler des autres. Mon ami et moi avions vidé pleins de canettes de boissons énergétiques. Mais l’odeur de la nicotine sonnait ma tête à moins que le marchand de sable ne soit arrivé à ma porte. Le gong du retour avait retentit, nous rentrâmes en silence ,qui sait ? Peut-être qu’il avait fait le même constat que moi.

Ma maison était proche. Je m’échappai de l’auto en lui faisant un signe, d’au revoir. Arrivée à la maison, je regagnai ma chambre. Morphée m’attendait et j’ai adoré me coucher sans me faire courtiser par les moustiques. J’allais dormir sans vous parler de cette femme aux cheveux châtains qui m’avait dit qu’elle trouvait l’harmattan beau, car ça lui rappelait l’hiver parisien.

Par tafsira Diallo

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