L’élevage est l’essence voire l’âme du peuhl

Colonisation française

Quel que soit le pays où  ils vivent le  nombre  de bêtes de  leur  cheptel déterminait le  prestige  chez les  peuhls. Si l’élevage en milieu peuhl est avant tout sentimental, cette affection déteignait dans  la  nomenclature des animaux, noms  que donnaient  les  bergers. Trois principes sont de mise pour ‘’baptiser’’ les animaux chez les  peuhls  du Foutah    Djallon.

Baptême par rapport à la couleur de  l’animal

Dans ce cas de figure, la couleur de la robe  de l’animal  ou  de son  pelage indique  le  nom qu’il faille  donner aux  animaux.  Bœuf à robe blanche (pular : raneewe). Sont ainsi désignés les bœufs dont le pelage est blanc sans aucun mélange, elles sont rares dans  bien  de troupeaux.   Bœuf tacheté noir et blanc (pourtouparta ou Fouraa ou encore momoore)

Ces trois expressions en pular désignent toutes le même type  d’animaux avec  des tâches noires et d’autres blanches.  Bœuf roux (wodhewee ou willee). Sont ainsi désignées les bœufs roux par abus certaines personnes les appellent ‘’rouges’’  Bœuf fauve (wanee). Cette catégorie est rousse mais tire davantage vers le fauve.

Bœuf fauve avec tâche blanche sur la partie ventrale. Cette catégorie estsimilaire à celle d’avant, seule différence, c’est la tâche blanche sur  la  partie  centrale.

Baptême d’un point de vue âge et prestance physique

Dans cette catégorie, se retrouvent les bœufs qui ont l’aptitude de se reproduire, ou que se sont reproduits une fois seule.  Génisse n’ayant vêlé qu’une seule fois (pular haangue, pluriel kaabi). Vache adulte qui n’a vêlé qu’une fois de sa vie. Génisse qui a dépassé le stade de veau mais qui  n’a jamais vêlé  encore.

Baptême par rapport à l’espoir placé aux animaux

Ce type de nomenclature ne porte que sur les souhaits que  le berger nourrit pour  son  animal. Les exemples sont nombreux mais à titre indicatif on peut s’appesantir sur trois des plus répandus.  Jooma wuuro (le propriétaire de l’étable, du paturage).

Ici, pour le berger, l’idée est que l’animal ainsi désigné est considéré comme le  mâle  dominant du  cheptel, le  destin du  troupeau était  alors intimement  lié à celui de  ce mal  dominant. Les autres appellations possibles sont Weela hoore (le chanceux ou le porteur de chance), Beydarii (augmente ma fortune).

Ousmane Tkillah Tounkara

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