Guinée : l’Association Villageois 2.0 organise une tribune d’expression sur les droits de l’Homme

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Photo de famille des parti ipants. Credit photo : Villageois 2.0, aout 2021

“Quel défi relevé pour la protection des droits de l’Homme dans nos communautés ?”, c’est autour de ce thème que se sont réunis, ce jeudi 5 août 2021 à la bibliothèque communale de Labé,  une trentaine d’acteurs de la société civile et citoyens de la cité de karamoko Alfa mo Labé, au centre nord du pays. 

Cette tribune d’expression sur les droits humains, premier en son genre dans cette ville de plus de 150 000 habitants, a été organisée par l’Association Villageois 2.0 à travers un appui technique et financier du réseau Africtivistes dans le cadre de son programme Local Initiative for Justice  – qui tourne autour des questions liées à la justice et aux droits humains en Afrique.

Quels sont les objectifs des Africtivistes ?

Avant les débats de fond sur le thème choisi qui s’articule sur le rôle dévolu à la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (CADHP), il est revenu à Sally Bilaly Sow, coordinateur de l’Association Villageois 2.0 de présenter les Africtivistes dont il est aussi membre : « Africtivistes couvre aujourd’hui  plus 45 pays africains et  de la diaspora. Le réseau compte plus de 400 membres. C’est l’une des plus grandes structures qui réunit en son sein des jeunes de tout le continent avec des profils variés et intéressants. Les Africtivistes promeut la bonne gouvernance, le respect de la démocratie et  joue la sentinelle à travers l’observation citoyenne des processus électoraux. Dans ses actions, il fait aussi entre autres: des lobbyings et plaidoyers, propose et exécute des formations… » explique Sally Bilaly Sow, coordinateur de Villageois 2.0.

La nécessité pour les citoyens de s’approprier des textes juridiques supranationaux

Après cette brève présentation des Africtivistes – réseau des blogueurs et web activistes africains pour la Démocratie il est revenu au conférencier, Maître Mouley Ismaël Diallo, juriste, de centrer les débats autour des mécanismes de la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (CADHP). S’agissant de la protection des droits et des libertés, le conférencier a insisté sur la compréhension ”des textes sur le continent africain qui parlent des droits de l’homme et des peuples, faisant référence à l’Union Africaine (UA) et à la Charte Africaine des Droits de l’Homme”.

Pourquoi parle-t-on à la commission africaine des droits de l’homme de communication au lieu de plainte ?

Mais comment aller vers la Commission africaine des Droits de l’Homme et des Peuples ? C’est la question a retenu l’attention de toute l’assistance :” Au niveau africain, s’il y a des cas de violation des droits de l’Homme, il y a forcément une procédure à suivre pour aller vers cette commission pour obtenir réparation. Par principe, que ce soit sur le plan national ou international, en matière de droit, pour demander réparation, on commence toujours par une plainte tout en utilisant le vocabulaire adapté pour se plaindre. S’il s’agit de saisir la commission africaine des droits de l’homme, on parle de communication en matière de plainte. Et cette communication est reçue en première position par le secrétariat de la Commission africaine de Droits de L’homme basé à Banjul en Gambie qui sera suivi d’un numéro avant d’être enregistré.

Et d’ajouter “ après cette première étape, la communication (c’est-à-dire la plainte) sera examinée par sept des onze membres du bureau exécutif de la Commission en tenant compte de la souveraineté de chaque pays membre. Mais il faut mentionner que la Commission africaine des droits de l’homme, ne peut être saisie que lorsqu’il s’agit d’une personne qui se plaint contre un Etat ou un Etat contre un autre. Et dans sa décision, la Commission doit se référer aux textes régissant la commission africaine des droits de l’homme. Soit régler l’affaire à l’amiable entre les deux parties ou faire une recommandation pour demander à l’Etat une réparation des dommages causés qui est généralement pécuniaire,» conclut le juriste, Maitre Mouley Ismaël Diallo. 

Les recommandations des participants

Après cette explication détaillée sur les mécanismes de la commission africaine des droits de l’homme et des peuples, s’en est suivi la phase questions-réponses des participants avant la formulation de quelques recommandation qui suivent : multiplier ces séances de rencontre en s’intéressant prochainement à d’autres questions juridiques, tel que comment rédiger une plainte où la déposer et comment s’y prendre quand on est visé par une plainte quelconque. Continuer à vulgariser les textes liés aux droits de l’homme, s’accentuer sur les textes qui régissent les collectivités locales. 

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