Les frasques de l’amour

Crédit photo : histoiresdunet

Ils se sont connus un 12 du mois de décembre. C’était à quelques jours de Noël. Mais cette fois-ci, les vacances étaient différentes des autres qui sont souvent caractérisées par une réelle liberté entre les plages les plus proches et ses restaurants regorgeant de bonnes bouffes. La pluie battait son plein record et le spectre d’Ebola venait de ternir le décor du pays et dans quelques pays voisins, me rappelant la peste qui s’était abattue sur l’Europe, il y a des lustres. Nous profitions peu de la vie dans la capitale Conakry.


Comme presque tous les soirs, il pleuvait un torrent. Avec tous ces éclairs et grondements, on était sevré de télé. D’ailleurs, il n’y avait même pas d’électricité. Zahraye prenait mon phone pour rejoindre son groupe de discussions dénommé les Facebookeurs. Une fois en ligne, elle tomba sur un nom. Sans tarder, elle regarda d’où était originaire la personne. Elle se rendit compte qu’ils étaient de la même région. C’est-à-dire Labé, la capitale de la Moyenne-Guinée.

Sitôt, elle lui envoya une demande d’amitié. Bouba était le prénom du jeune garçon qui accepta son invitation. Depuis ce jour, ils ne se perdirent plus de vue. Comme si quelque chose l’attirait en lui sans lui laisser le choix. Il avait une voix si agréable et responsable.
À cause de la distance qui les séparait, ils ne pouvaient pas se rencontrer. Zahraye qui venait de décrocher son baccalauréat était à Conakry et Bouba dans le Foutah. À cause d’une maladie qui la trainait, les vacances se sont prolongées pour elle, jusqu’à 6 mois. Elle en avait le cafard. Elle voulait faire la Fac dans cet univers où elle a vu le jour. Elle connaissait presque tout le monde.

Est-ce à cause de cette voix agréable et responsable qu’elle entendait au téléphone ou bien parce que la qualité des universités de l’intérieur était vantée ?
Quelque chose l’animait bien que la seule idée de devoir laisser tout(e)s ses ami(e)s lui donnait les larmes aux yeux. Ouf ! Enfin cette maladie qui constituait une barrière s’était atténuée.

Les orientations sont faites. Le sort l’avait orienté vers le choix de son cœur, là où vivait Bouba. Tout devrait se jouer maintenant car elle ne voulait pas perdre trois ans sans voir le jeune homme. Dès son arrivée dans la capitale du Foutah Djallon, il ne lui fallut que quelques jours, juste le temps de déballer ses bagages, pour rencontrer Bouba.

Le voir était un grand plaisir. Quelle coïncidence ! Car comme sa voix au phone était vraiment douce, Zahraye n’avait non plus à rougir face à ce que la nature lui a donné comme beauté. A deux, ils formaient un couple parfait où régnaient amour et confiance mutuelle.
Ce qui lui plaisait de plus chez lui, c’était ces histoires drôles. Il était toujours là pour elle, et la comblait de joie, épaulé par d’adorables amis. Licencié d’une institution supérieure, la difficulté de trouver un emploi avait poussé son père à lui ouvrir un commerce. Son cercle d’amis était entièrement des gens de sa profession. La confiance c’était fortifiée. Ils se fréquentaient au domicile l’un de l’autre sans qu’il n’ait jamais éprouvé un quelconque désir de l’entrainer dans son lit.

Elle adorait l’entendre prononcer son prénom avec tant d’amour. Son prénom était romantique dans sa bouche. Mais toutes ces folies s’estompèrent en laissant la place à d’autres souvenirs plus douloureux. Car elle avait un certain âge mais ne connaissait rien des réalités de l’amour.

Ce soir-là, ils étaient sortis comme à l’accoutumée. Mais cette fois-ci, ils n’avaient pas duré dans ce jardin, car Bouba feignait d’être très fatigué, ils partirent ensemble chez lui. À leur arrivée, il prit une douche pour briser la fatigue. Au sortir de salle de bain, il retrouva la belle sur la chaise où il l’avait laissé.

Dis Bouba… Mais voyons ! Viens au prêt de moi

Comme elle se sentait en sécurité dans les bras de ce jeune homme, une fois à ses côtés, il glissa ses mains toutes froides sur son cou et caressa l’intégralité de son corps. Lui qui gémissais déjà d’un plaisir, chuchotait : Je ne te ferai rien !
C’était trop tard, la petite bête s’était réveillée chez Zahraye aussi. Son corps réagissait à « ce sexe appel ». Cette partie de son corps constituait son point faible. La raison, elle était enfouie au plus profond d’elle. Involontairement, ils glissèrent dans les jardins interdits de l’amour.

Après l’acte, Zahraye fondait en larmes. En un instant, sa fierté l’avait échappée et rien ne semblait pouvoir la consoler. Désormais, elle arborait le masque de la tristesse. Elle fondait en larmes et pire, aucune voix ne pouvait la consoler.
Elle avait gâché sa fierté sans savoir ce qu’elle allait faire. Le temps d’un instant, cet homme lui avait tout ravi et il n’attendait que cette erreur, cette folie pour l’abandonner à son sort et filer dans d’autres bras, loin des siens. Parfois on pense tellement vivre le vrai amour, qu’on ne voit pas s’enfoncer en soi la douleur et la trahison.

Pourquoi trahir une personne qui nous a tant aimé ?

Comble du regret, après cette brutale rupture, la belle désabusée découvrit que son ‘’amour perdu’’ est aussi par la magie du sang et des liens familiaux, un oncle à elle. Mais comme l’Afrique est une famille, après toute cette trahison, elle a découvert que le jeune garçon était lié avec elle par le sang.

Pourquoi n’avait-elle pas dormi dans cette nuit de décembre ? Pourquoi il lui fallait-il se connecter en ce fameux 12 décembre ?

Elle monologua… On aurait dû se connaître autrement que sur Facebook. Peut-être qu’elle aurait compris qui se cachait derrière cet « amour interdit » et peut-être « maudit ». Elle avait donné sa fleur à son oncle.

Par Tafsira DIALLO

Laisser une réponse

Please enter your comment!
Please enter your name here